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Netflix: notre nouvelle Télé ou notre futur cinéma?

La semaine dernière, alors que je faisais le geste devenu mécanique d’ouvrir mon ordinateur portable (que je n’éteins presque plus…oui, je sais, c’est une erreur.) et d’ouvrir un onglet Facebook, un onglet Lemonde.fr, un onglet hotmail, et un onglet Netflix, je me suis arrêtée plus longuement que prévu sur le dernier puisque l’écran d’accueil n’affichait pas comme à l’habitude un show mis en valeur mais une annonce: “Découvrez les 28 nouveaux contenus ajoutés sur Netflix cette dernière semaine”.

La surprise ne venait pas tant du fait que Netflix propose du contenu nouveau mais de la quantité évoquée! S’est opéré alors dans mon esprit un changement de perspective: jusqu’à maintenant, la plateforme me semblait être la parfaite alternative moderne et cohérente d’une vidéothèque, qui proposait des films sortis au cinémas puis mis “en ligne”, avec le bonus évident d’offrir du contenu créatif de leur propre boîte de production.Les séries et films “Netflix” me paraissaient au début être des petits cadeaux de Noël, j’avais d’ailleurs tendance à y voir d’emblée dans une forme de préjugé étrange, un gage de qualité (que je devais associer inconsciemment à la rareté du produit).

Mais depuis 1 an, les produits Netflix se sont multipliés, avec des têtes d’affiches venant de tous horizons: movie stars, acteurs habituels de la “télé” traditionnels, Youtubeurs….et nombreuses ont été les déceptions. (Les comédies telles que “Les vraies mémoires d’un assassin international” ou encore les séries sitcoms qui avaient reçu des critiques dithyrambiques comme “Au fil des jours”).

 

Netflix veut cocher toutes les cases, mais est-ce qu’il le fait bien?

 

Et finalement, je me retrouve à cliquer et commencer un show ou un film assez souvent et me raviser pour changer d’idée…laissant traîner tous mes abandons sur ma page d’accueil qui est une sorte d’historique de cette nouvelle forme de…. zapping!

Netflix remplace finalement de plus en plus notre télé traditionnelle, nous offrant l’illusion du choix et de la décision mais commençant à privilégier la quantité à la qualité ou l’identité (je ne sais plus exactement ce qui caractérise un “show” Netflix: l’audace? La qualité des scripts?. HBO de ce point de vue réussit à avoir une identité plus marquée, quoiqu’aussi controversée)…

Alors, peut-être que j’arrive après la tempête et que tout le monde s’en était déjà rendu compte ou que c’est un phénomène qui date (puisque Netflix ne m’est familier que depuis un an), mais finalement leur plateforme est tombée dans une forme de mécanique à la logique très commerciale (rien d’étonnant, remarque, leur but est quand même de faire de l’argent) mais de plus en plus “lisse” (il n’y a qu’à voir la logique industrielle des séries Netflix/Marvel qui perdent au fur et à mesure de leur création en qualité).

 

Peut-être que cela peut s’expliquer par le fait que les cerveaux de Netflix sont maintenant tournés vers un autre défi, laissant la bonne vieille machine tourner: donner au petit écran (au minuscule écran même) la même dignité que le sacro-saint “Grand Ecran”. La polémique qui a entouré la réception du film Netflix “Okja” à Cannes est symptomatique de ce phénomène: Netflix veut changer les codes et les gardiens du temple ne sont pas prêts à laisser les profanes faire comme bon leur semble…

Personnellement, je suis assez partagée par toute la polémique (qui, in fine, profitera plus qu’elle n’entachera Okja, je pense, même s’il n’a pas la palme. Personnellement, j’ai d’autant plus envie de le voir maintenant que j’ai pris connaissance de toute la controverse): considérer avec condescendance un film de plateforme numérique, le siffler et le considérer comme un pestiféré donne aux “Cannois” une image de vieux schnoks déconnectés de la réalité quotidienne des cinéphiles, et aveugles sur l’évolution de l’industrie du cinéma… (alors même que Cannes se drape très souvent dans sa réputation avant-gardiste et rebelle, etc.)

Et en même temps, je peux comprendre qu’ils se croient dans le devoir de livrer la bataille (peut-être la dernière?) pour défendre encore la beauté et la spécificité de l’expérience cinématographique, celle qui nécessite d’aller en salle, de faire fonctionner tout un système de métiers et de compétences pour avoir une expérience collective et “bigger than life”. Mais ils le font avec une telle suffisance que le retour de bâton risque d’être douloureux…

Je serais curieuse d’avoir d’autres avis sur la question: que pensez-vous de Netflix ou même du phénomène qu’il représente? Bonne ou mauvaise chose? Evolution inévitable ou effet de mode voué à s’encrasser?

L.A

Edit: j’avais écrit cet article il y a un petit moment et depuis, Netflix a annulé deux séries qui m’étaient chères: Sense8 et The Get Down. Bref, autant dire que je suis de plus en plus encline à croire que Netflix prend une nouvelle direction (depuis un moment certainement, mais les effets commencent seulement à se faire voir en France, par nous “ordi-spectateurs”…)

The list #1

Cela fait maintenant une éternité que je me jure d’écrire cet article sur ce blog: THE LIST! La liste de toutes ces super références que mes potes me donnent et que je donne à mes potes avant qu’ils ne me disent “attends, il faut trop qu’on le note quelque part, qu’on se fasse une liste!”. Ne craignez plus, humbles curieux! La liste est enfin d’actualité (pour l’instant, il y a surtout les films et séries que j’ai regardés et qui sont marqués d’un *, mais laissez en commentaire des références qui vous semblent incontournables et je mettrai à jour la liste au fur et à mesure!) :

Films

  Si vous voulez ressentir une douce chaleur mélancolique dans votre coeur (ou plus amère dans certains cas):

  • About Time, Richard Curtis ( Il était temps en français)*  /quid/
  • The fundamentals of caring/quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

  Si vous voulez de l’action, de la bonne et de la drôle:

  • Hot Fuzz* (oui, c’est un classique, mais je ne l’ai regardé que récemment donc au cas où vous seriez aussi en retard que moi) /quid/
  • Jadotville* (pas forcément drôle, mais pas non plus le film de guerre désespérant)  /quid/ capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

Séries

  Si vous voulez frissonner juste ce qu’il faut et vous laisser entraîner dans un binge-watching jouissif:

  • Stranger Things* (un peu THE ‘it’ de l’année avec la surexposition médiatique de ses jeunes acteurs surtout aux USA) /quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

  Si vous voulez explorer de nouveaux territoires (géographiques mais aussi thématiques) et rencontrer des personnages, ma foi, très attachants: 

  • Sense8* (plus controversée mais en tout cas, une série qui ne laisse pas indifférent) /quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

  Si vous voulez faire remuer vos méninges et avoir l’impression de faire un jeu d’échecs géant et symbolique avec les scénaristes:

  • Le bureau des Légendes/quid/

 

  Si vous voulez rire à gorge déployée en vous disant: “non, mais quand même c’est traaaash”:

  • Chewing-Gum* (une sorte de “Misfits” meets “Shameless”, oui oui, du bon trash brit comme on les aime) /quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48
  • Shameless U.S* (aussi délire que tragiquement réaliste) /quid/

 

  Si vous voulez de la satire sociale bien sentie: 

 

Bref, bien sûr, tout cela est très très subjectif et il y a beaucoup de chefs d’oeuvre que j’ai du laissés de côté (d’où l’intérêt de vos commentaires!). De même, je serai curieuse d’avoir vos opinions sur les quelques références déjà posées: pensez-vous qu’elles méritent d’être sur THE list? Ou pas du tout? Quoiqu’il en soit, the List #2 is coming…

L.A

 

“Juste la fin du monde” : la fin d’une ère dolanienne?

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Loin de moi l’idée de décréter la fin de quoique ce soit de manière péremptoire, ni de sous-entendre qu’il s’agirait d’une « mort » créative. Au contraire, il me semble que Juste la fin du monde, adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce et sixième film de Dolan arrive comme un point d’orgue, une note finale tenue dans toute sa splendeur à la fin d’un concert où cinq mouvements ont dialogué avec un même orchestre.

L’œuvre évoque le retour dans sa famille d’un dramaturge à succès après douze ans d’absence. Ses proches sont tous taraudés, voire torturés par la même question : pourquoi ce retour après tant d’années ? Et le seul à avoir la réponse -son récent diagnostique et sa mort prochaine- ne parvient pas à la formuler. Bref, un film basé sur les relations ou plutôt l’absence de relations entre les membres d’une famille, une œuvre qui explore l’isolement de l’être au sein même du familier, les tentatives désespérées de créer une connexion au cœur même de l’aliénation.

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Le film frappe par la maîtrise qu’il affiche. Non que les précédents films de Dolan manquaient de maîtrise, mais ils possédaient souvent ces moments fougueux, ces plans étirés un quart de seconde de plus, cette musique ajoutée soulignant un tantinet trop la brillance esthétique : en soi, tout ce à quoi un jeune prodige du cinéma emporté par son élan créateur, n’aurait pu résister. Or, ici, une forme de sobriété domine au cœur de cette tension familiale. Quelqu’un m’avait dit : « je n’ai pas aimé. Ca ne fait que crier de façon hystérique pendant deux heures ». Je m’attendais donc à du survolté, du surjoué, du Dolan sous acide. Mais en réalité, il me semble que ce film est certainement l’un des plus contenus de son œuvre, plus proche de Tom à La Ferme, qui est souvent considéré comme son film le plus « technique », et tout aussi violent psychologiquement. (Et bien d’autres éléments rapprochent les deux œuvres, mais ce n’est pas le propos ici !)

Finalement, Juste la fin du Monde peut se lire comme le film d’une nouvelle ère, celle d’une nouvelle maturité (je dis « nouvelle » car il me semble quand même qu’il faut déjà une sacrée maturité pour créer un film comme J’ai tué ma mère à 19 ans !).

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Dolan utilise ses forces : la même équipe que sur Tom à La Ferme ( le compositeur Daniel Yared qui nous éblouit à nouveau par sa musique et l’excellent André Turpin offre une photographie encore une fois impeccable, toute en miroitements…ah ! Ces jeux de lumière avec les fenêtres et les portes !), une intrigue « littéraire » qui offre au réalisateur un canevas de mots purs, des traits qui mêlent extrême violence et désespoir profond, des tirades folles mais aussi tellement maîtrisées…Mais c’est aussi un film qui explore plus finement qu’auparavant les non-dits et les traumatismes infimes et nombreux qu’une famille peut abriter en son foyer, et dans lequel les cadrages « dolaniens » déstabilisent moins et appuient plus le propos. Un film qui peut-être annonce que Xavier Dolan est prêt à dépasser les frontières de ces huis-clos affectionnés, à embarquer vers un nouveau virage de sa carrière. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on considère les caractéristiques de son prochain projet. Un tryptique. Tourné à Hollywood. Avec des acteurs américains. Embrassant une période considérable de la vie d’un personnage: l’ambition de Laurence Anyways, les moyens de Juste la fin du Monde, la maturité de tous ses films additionnés.

Nous vivons donc bien avec ce film, selon mon humble opinion, juste la fin d’un monde, et il va sans dire que j’ai hâte de découvrir le prochain que Dolan s’apprête à déployer sous nos yeux.

L.A

C’est ça, Hollywood, fous-toi de ma gueule…

{Insérer nom de série}

{Scène 4}

La scène débute, on est le matin, 10h-ish, tout va bien, la sonnette se fait entendre et là….

Zoom sur une belle brune/blonde/rousse (au choix), qui interrompt son ménage et se précipite du haut de ses 20 cm de talons, avec sa tasse de café à la main, ou une éponge, ou un balai (geeeenre) pour ouvrir la porte à cette personne qu’elle n’attendait absolument pas…moui moui moui, c’est cela…

desperate housewives in heels

Oui, bon, moi je dis :
menage1

Menage-2bon