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Netflix: notre nouvelle Télé ou notre futur cinéma?

La semaine dernière, alors que je faisais le geste devenu mécanique d’ouvrir mon ordinateur portable (que je n’éteins presque plus…oui, je sais, c’est une erreur.) et d’ouvrir un onglet Facebook, un onglet Lemonde.fr, un onglet hotmail, et un onglet Netflix, je me suis arrêtée plus longuement que prévu sur le dernier puisque l’écran d’accueil n’affichait pas comme à l’habitude un show mis en valeur mais une annonce: “Découvrez les 28 nouveaux contenus ajoutés sur Netflix cette dernière semaine”.

La surprise ne venait pas tant du fait que Netflix propose du contenu nouveau mais de la quantité évoquée! S’est opéré alors dans mon esprit un changement de perspective: jusqu’à maintenant, la plateforme me semblait être la parfaite alternative moderne et cohérente d’une vidéothèque, qui proposait des films sortis au cinémas puis mis “en ligne”, avec le bonus évident d’offrir du contenu créatif de leur propre boîte de production.Les séries et films “Netflix” me paraissaient au début être des petits cadeaux de Noël, j’avais d’ailleurs tendance à y voir d’emblée dans une forme de préjugé étrange, un gage de qualité (que je devais associer inconsciemment à la rareté du produit).

Mais depuis 1 an, les produits Netflix se sont multipliés, avec des têtes d’affiches venant de tous horizons: movie stars, acteurs habituels de la “télé” traditionnels, Youtubeurs….et nombreuses ont été les déceptions. (Les comédies telles que “Les vraies mémoires d’un assassin international” ou encore les séries sitcoms qui avaient reçu des critiques dithyrambiques comme “Au fil des jours”).

 

Netflix veut cocher toutes les cases, mais est-ce qu’il le fait bien?

 

Et finalement, je me retrouve à cliquer et commencer un show ou un film assez souvent et me raviser pour changer d’idée…laissant traîner tous mes abandons sur ma page d’accueil qui est une sorte d’historique de cette nouvelle forme de…. zapping!

Netflix remplace finalement de plus en plus notre télé traditionnelle, nous offrant l’illusion du choix et de la décision mais commençant à privilégier la quantité à la qualité ou l’identité (je ne sais plus exactement ce qui caractérise un “show” Netflix: l’audace? La qualité des scripts?. HBO de ce point de vue réussit à avoir une identité plus marquée, quoiqu’aussi controversée)…

Alors, peut-être que j’arrive après la tempête et que tout le monde s’en était déjà rendu compte ou que c’est un phénomène qui date (puisque Netflix ne m’est familier que depuis un an), mais finalement leur plateforme est tombée dans une forme de mécanique à la logique très commerciale (rien d’étonnant, remarque, leur but est quand même de faire de l’argent) mais de plus en plus “lisse” (il n’y a qu’à voir la logique industrielle des séries Netflix/Marvel qui perdent au fur et à mesure de leur création en qualité).

 

Peut-être que cela peut s’expliquer par le fait que les cerveaux de Netflix sont maintenant tournés vers un autre défi, laissant la bonne vieille machine tourner: donner au petit écran (au minuscule écran même) la même dignité que le sacro-saint “Grand Ecran”. La polémique qui a entouré la réception du film Netflix “Okja” à Cannes est symptomatique de ce phénomène: Netflix veut changer les codes et les gardiens du temple ne sont pas prêts à laisser les profanes faire comme bon leur semble…

Personnellement, je suis assez partagée par toute la polémique (qui, in fine, profitera plus qu’elle n’entachera Okja, je pense, même s’il n’a pas la palme. Personnellement, j’ai d’autant plus envie de le voir maintenant que j’ai pris connaissance de toute la controverse): considérer avec condescendance un film de plateforme numérique, le siffler et le considérer comme un pestiféré donne aux “Cannois” une image de vieux schnoks déconnectés de la réalité quotidienne des cinéphiles, et aveugles sur l’évolution de l’industrie du cinéma… (alors même que Cannes se drape très souvent dans sa réputation avant-gardiste et rebelle, etc.)

Et en même temps, je peux comprendre qu’ils se croient dans le devoir de livrer la bataille (peut-être la dernière?) pour défendre encore la beauté et la spécificité de l’expérience cinématographique, celle qui nécessite d’aller en salle, de faire fonctionner tout un système de métiers et de compétences pour avoir une expérience collective et “bigger than life”. Mais ils le font avec une telle suffisance que le retour de bâton risque d’être douloureux…

Je serais curieuse d’avoir d’autres avis sur la question: que pensez-vous de Netflix ou même du phénomène qu’il représente? Bonne ou mauvaise chose? Evolution inévitable ou effet de mode voué à s’encrasser?

L.A

Edit: j’avais écrit cet article il y a un petit moment et depuis, Netflix a annulé deux séries qui m’étaient chères: Sense8 et The Get Down. Bref, autant dire que je suis de plus en plus encline à croire que Netflix prend une nouvelle direction (depuis un moment certainement, mais les effets commencent seulement à se faire voir en France, par nous “ordi-spectateurs”…)

Youtube corner #2

Deuxième exploration:

LES POPULAIRES QUI TE FASCINENT

Pour me citer moi-même (“inception” égotiste), “le vortex superficiel du clan des populaires, […] à l’image hypra-calculée mais étrangement fascinante”

#Casey Neistat

100 % populaire/ 50 % autocentré/ 60% “inspiring”/ 70% créatif / 10% cliché?

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N.B: en anglais uniquement

Casey Neistat, c’est beaucoup de choses:

-Un réalisateur new-yorkais qui s’est très vite démarqué par son utilisation assez brillante des drones (avant la grande mode) et des timpelapses (et des timelapses à New York, notamment lors des couchers de soleil, ça CLAQUE!)

-Des styles de montage et de réalisation très personnels et que beaucoup ont tenté d’imiter (sans succès). Il aime tout ce qui est “artisanal” et c’est assez jouissif de le voir mêler des appareils photos à 5000$ et des visuels construits volontairement dans des feuilles canson avec du tipex et de la colle Uhu :).

-Un “self-made man” à l’américaine: de l’ado paumé père à 16 ans au business man convoité par les grands du web, il rappelle souvent d’où il vient et il incarne vraiment vraiment vraiment l’american dream.

-Un des daily vlogers les plus consistants de Youtube (un vlog est un “blog vidéo”, une sorte de compte rendu/prise de parole par jour…Perso, c’est le seul que j’ai jamais regardé puisque les autres sont souvent des plans non coupés de personnes parlant de leur  journée: quel intérêt? Alors que chez Neistat, il y a vraiment un travail de montage de qualité, un effort de “narration” et des petites pépites visuelles!)

-Une personnalité très marquée qui est l’argument N°1 de sa chaîne: reconnaissable à 50m avec son boostedboard et ses lunettes noires diy, il joue la sympathie et se lance très souvent dans des réflexions morales (et parfois moralisatrices) sur la vie, l’amour, le travail. Il a ses dadas et est un peu dans l’idée de la performance à l’extrême (si tu cours, cours vite, loin, et bien. Si tu fais des vidéos, fais-les tous les jours et impose toi une qualité de ouf, si tu lances quelque chose, fais le à fond…très américain encore une fois. On adhère ou pas.)

BREF, il faut aimer tous ces aspects pour vraiment accrocher à son vlog (qu’il avait arrêté après deux saisons et 300 et quelques vidéos et qu’il vient de reprendre récemment mais en ne s’imposant pas un rythme d’un vidéo/jour. Oui, il a quand même une famille et l’argument a du peser dans la balance). Un conseil: commencer le vlog au début (plus de 300 vidéos à rattraper mais peu importe, c’est une “histoire de vie”), parce qu’arriver au milieu ne fera que vous donner l’impression d’avoir surgi au milieu d’un film sans contexte ni investissement personnel.

Sinon, il fait d’autres vidéos plus ponctuelles (des commandes, des publicités, des “motivational videos”, des courts métrages thématiques sur sa vie, des portraits d’autres personnes):

#Et Pourquoi pas Coline?

60% populaire/ 30% autocentrée/30% inspiring/10% créatif/

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J’ai pris du temps  à cerner la demoiselle (et je pense que je ne l’ai pas complètement cernée):

-au début, je suis tombée sur des vidéos “look” et “tutorial maquillage” et je me suis dit “encore une autre chaîne de meuf avec 50 nuances de vidéos pouraves sur les milliers de produits inutiles à s’acheter pour changer sa gueule” et j’ai cru qu’elle était dans “ce” clan des superficielles à la chaîne

-Mais j’ai ensuite trouvé ses vidéos sur le veganisme, le “cruel-free make up” (c’est à dire le maquillage qui n’a pas de matières animales et même qui n’a pas dû dans son processus de création passer par des tests sur animaux), les bons gestes pour consommer moins etc.

Du coup, j’ai eu envie de la placer dans la case “ecolo bobo”

–  Puis, j’ai trouvé des vidéos sur les tatouages, ses lectures, ou encore ce qu’elle déteste…Donc là je me suis dit: “bon en fait, elle a construit une chaîne selon ses envies et c’est très bien”

Bien sûr, le personnage est très travaillé et “léché”, il n’y a rien de révolutionnaire dans les messages et les idées MAIS, c’est sympa de voir une chaîne française féminine aussi riche, aussi consistante et intéressante (et puis, j’ai appris deux trois choses grâce à elle, notamment, vers quelles marques se tourner si on veut être un consommateur de vêtements et maquillage plus responsable et consciencieux…)

Et au fait, elle a un blog aussi (sur lequel je ne vais jamais mais soyons exhaustif dans nos informations => http://www.etpourquoipascoline.fr/ )

Voilà! Alors, bien sûr, ce sont des chaînes à consommer plutôt avec modération (quoique, pour Casey Neistat, j’ai eu une grosse période de Binge-watching) puisque tout ce côté “look at me, I’m awesome, I’m popular, I have it all” peut agacer… Mais en petites quantités, ce sont des vidéos toujours sympathiques à découvrir! Et vous, quelles chaines “populaires” appréciez-vous malgré tout?

L.A

Listen, listen…#3

Jamie Cullum c’est un peu ce génie musical coincé entre deux mondes, la pop et le jazz “sérieux” (écouté par les aficionados dans des bars à la lumière tamisée et sentant très fort le cigare). Toujours un peu déçue qu’il ne soit pas reconnu un peu plus en mainstream et en même temps, fière de faire partie de sa base de fans “initiés” :).
P.S: Il s’agit bien d’une chanson composée pour la B.A de ‘Gran Torino’ de Clint Eastwood…La mélancolie qui s’est dégage est juste…wow…

(Dés-)agrégation

Il y a un an un mois et quatre jours (but who’s counting?), j’ai décroché le Saint-Graal, la chimère des chimères, le nirvana dont tout le monde rêve (oui bon pas forcément tout le monde, tout le monde….que les profs….bon, pas forcément tous les profs non plus…que ceux qui sont un peu sado-maso dans leur tête… Bon, pas forcément le saint-Graal, le petit frère du Saint-Graal, le Goodguy-Granola). Bref, j’ai eu l’agrégation interne de Lettres Modernes…

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Et pour célébrer ça et surtout répondre à la question que j’ai entendue le plus souvent (“c’était pas trop dur?”), j’ai voulu partager le récapitulatif de cette année enrichissante, extraordinaire, life-changing, trépidante, glamour à souhait (tu commences à la sentir, l’ironie?). Cliquez sur l’image pour l’agrandir 😉

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L.A

Youtube corner #1

Je passe beaucoup de temps sur le net. Beaucoup. Et il y a toujours un coin dans lequel je traîne un peu plus qu’ailleurs: Youtube. Pour moi, Youtube est un peu comme une cantine de lycée (et pour forcer le trait, imaginez le gros cliché de la cantine à l’américaine dans les séries/films US).

On peut s’y balader avec son plateau, se trouver nez à nez avec les gros lourdauds qui ne savent parler qu’en monosyllabes et taper du poing, ou se retrouver happé dans le vortex superficiel du clan des populaires, tous copies conformes les uns des autres et à l’image hypra calculée, mais étrangement fascinante. Il y a aussi ceux qui font le show, les clowns qui racontent leur blague suffisamment fort pour que la table d’à côté les entende; bref, ceux qu’on a envie d’avoir comme potes mais qui sont toujours à 100% quitte à frôler la saturation. Puis, parfois, on est intrigués par ce groupe au fond, celui des geeks, des nerds, des bizarres, appelez-les comme vous voulez mais qui ont beaucoup de choses à dire sur ce qui les passionne de façon obsessionnelle. Et enfin, vous avez les Ovni, les chelous créatifs, un peu marginaux, redéfinissant aussi la notion de “cool” parfois, qui arrivent à surfer sur la vague de leur propre originalité et qui fascinent en même temps qu’ils inquiètent.

(Quoi? Vous avez pas eu une cantine comme ça au lycée? Quel dommage!)

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source: google images (movie: The Perks of being a wallflower)

Bref, j’adore traîner dans la grande cantine de Youtube et aucun groupe ne m’effraie (quoique les monosyllabo-lourdauds…).

Première exploration:

LES CHELOUS CREATIFS

#Solangeteparle

70% chelou / 80% créative / 100% audacieuse / 80% thought-provoking

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    Petite bouille entourée d’un fouillis de cheveux bruns, un personnage intello-bobo qui joue sur son propre cliché et l’assume très souvent. “Solangeteparle” est une chaîne qui fait du bien puisqu’elle traite de sujets sérieux (la culture, le féminisme, la confiance en soi) à travers des vidéos qui ne se prennent pas trop au sérieux justement (Solange se filme en train de parler dans les toilettes ou souligne la vacuité de ce qu’elle tente d’expliquer parfois). Bref, je ne suis pas fan de tout ce qu’elle fait (je pense que j’ai du regarder 40% de ses vidéos) mais certaines de ses vidéos sont vraiment brillantes, bizarres et fascinantes, qui font un peu grincer des dents mais qui nous montrent aussi les bizarreries de nos habitudes, etc. Elle fait des bilans CUL (culture: ah ah, pas bête la ptite…elle sait comment générer du clic, mais on reste pour toutes les bonnes recommandations) qui je trouve super, et puis parfois elle parle juste de ce qu’elle ressent, dans des textes clamés avec une diction assez théâtrale (j’entends par là, une diction de comédien formé au théâtre) et assez bien écrit ma foi…Je suis preneuse aussi simplement parce que c’est une des rares chaînes féminines qui propose du contenu inattendu constamment, et qui n’aime pas être surpris? 🙂

#Hokku

100 % créatif / 20% chelou / 100% beau

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    J’ai découvert cette chaîne grâce au Fossoyeur de films (dont je parlerai certainement plus tard!). Véritable ovni dans le paysage youtube français, et vraie bulle de sensations et de finesse. Le créateur de Hokku se lance dans des courtes vidéos (de 2à 4 mn) qu’il appelle “Poèmes visuels”. Je m’attendais à quelque chose d’un peu vaseux et intello, mais finalement, c’est de l’art cinématographique en petites pépites. Les vidéos sont très différentes et du coup inégales, mais c’est ce qui rend la chaîne si rafraîchissante: on observe l’art minutieux d’un artiste sacrément doué qui tâte et tente. Et c’est souvent très réussi: juste quelques minutes qui pourraient être volées à un sublime film, ou à votre vie telle que vous la fantasmez parfois (ou la rêvez intérieurement).

Voici une sélection de deux vidéos (sur 9 pour l’instant) que j’ai particulièrement appréciées mais je vous encourage à aller explorer les autres aussi. Elles sont chacune différente mais toujours pleines de sensibilité:

 

 

#Mitchell Davis

60% chelou/ 100% random/ 70% étonnant

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n.b: english only

     En parlant d’OVNI, je pense qu’avec Mitchell Davis, vous pouvez traverser des dimensions. Je regarde beaucoup moins de vidéos de lui, mais il représente un phénomène fascinant à mes yeux: ses vidéos qui datent de cinq ans maintenant ont des centaines de milliers de vues et sont des “random videos” d’un beau gosse un peu androgyne surfant sur un humour facile et les “trend” et autres “buzz” dont les 12-18 raffolent… et puis plus on parcourt les vidéos plus récentes, plus Mitchell Davis change de style et….moins il y a de vues malheureusement (symptôme de notre hermétisme à l’étrange et l’expérimental?). Bref, j’admire son attirance pour la marge où il s’installe confortablement maintenant, sans demander de comptes à personne et sans essayer de faire du buzz. Il fait des choses chelou, très chelou…. (une vidéo de 10h, oui 10h pas 10mn qui montre toutes les nuances du spectre des couleurs de façon à saisir leurs infimes différences et symbiose en même temps…#jevousavaisprevenu) Mais c’est aussi pour cela que sa chaîne me plaît: de l’inattendu expérimental qui, ma foi, me parait parfois valoir autant si ce n’est plus que certaines “performances visuelles contemporaines” que j’ai payé pour voir dans des musées pompeux donc bon….Good for him!

Alors, c’est votre tasse de thé ? (un très joyeux non-anniverssssaaaaiiire! => oui, nous restons dans la thématique de l’article, le chelou). Dites-moi ce que vous en pensez si vous avez eu/pris le temps de découvrir et surtout, surtout n’hésitez pas à conseiller d’autres chaînes Youtube chelous créatives que vous connaîtriez…

L.A

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The list #1

Cela fait maintenant une éternité que je me jure d’écrire cet article sur ce blog: THE LIST! La liste de toutes ces super références que mes potes me donnent et que je donne à mes potes avant qu’ils ne me disent “attends, il faut trop qu’on le note quelque part, qu’on se fasse une liste!”. Ne craignez plus, humbles curieux! La liste est enfin d’actualité (pour l’instant, il y a surtout les films et séries que j’ai regardés et qui sont marqués d’un *, mais laissez en commentaire des références qui vous semblent incontournables et je mettrai à jour la liste au fur et à mesure!) :

Films

  Si vous voulez ressentir une douce chaleur mélancolique dans votre coeur (ou plus amère dans certains cas):

  • About Time, Richard Curtis ( Il était temps en français)*  /quid/
  • The fundamentals of caring/quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

  Si vous voulez de l’action, de la bonne et de la drôle:

  • Hot Fuzz* (oui, c’est un classique, mais je ne l’ai regardé que récemment donc au cas où vous seriez aussi en retard que moi) /quid/
  • Jadotville* (pas forcément drôle, mais pas non plus le film de guerre désespérant)  /quid/ capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

Séries

  Si vous voulez frissonner juste ce qu’il faut et vous laisser entraîner dans un binge-watching jouissif:

  • Stranger Things* (un peu THE ‘it’ de l’année avec la surexposition médiatique de ses jeunes acteurs surtout aux USA) /quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

  Si vous voulez explorer de nouveaux territoires (géographiques mais aussi thématiques) et rencontrer des personnages, ma foi, très attachants: 

  • Sense8* (plus controversée mais en tout cas, une série qui ne laisse pas indifférent) /quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48

 

  Si vous voulez faire remuer vos méninges et avoir l’impression de faire un jeu d’échecs géant et symbolique avec les scénaristes:

  • Le bureau des Légendes/quid/

 

  Si vous voulez rire à gorge déployée en vous disant: “non, mais quand même c’est traaaash”:

  • Chewing-Gum* (une sorte de “Misfits” meets “Shameless”, oui oui, du bon trash brit comme on les aime) /quid/  capture-decran-2017-01-04-a-16-13-48
  • Shameless U.S* (aussi délire que tragiquement réaliste) /quid/

 

  Si vous voulez de la satire sociale bien sentie: 

 

Bref, bien sûr, tout cela est très très subjectif et il y a beaucoup de chefs d’oeuvre que j’ai du laissés de côté (d’où l’intérêt de vos commentaires!). De même, je serai curieuse d’avoir vos opinions sur les quelques références déjà posées: pensez-vous qu’elles méritent d’être sur THE list? Ou pas du tout? Quoiqu’il en soit, the List #2 is coming…

L.A

 

“Juste la fin du monde” : la fin d’une ère dolanienne?

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Loin de moi l’idée de décréter la fin de quoique ce soit de manière péremptoire, ni de sous-entendre qu’il s’agirait d’une « mort » créative. Au contraire, il me semble que Juste la fin du monde, adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce et sixième film de Dolan arrive comme un point d’orgue, une note finale tenue dans toute sa splendeur à la fin d’un concert où cinq mouvements ont dialogué avec un même orchestre.

L’œuvre évoque le retour dans sa famille d’un dramaturge à succès après douze ans d’absence. Ses proches sont tous taraudés, voire torturés par la même question : pourquoi ce retour après tant d’années ? Et le seul à avoir la réponse -son récent diagnostique et sa mort prochaine- ne parvient pas à la formuler. Bref, un film basé sur les relations ou plutôt l’absence de relations entre les membres d’une famille, une œuvre qui explore l’isolement de l’être au sein même du familier, les tentatives désespérées de créer une connexion au cœur même de l’aliénation.

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Le film frappe par la maîtrise qu’il affiche. Non que les précédents films de Dolan manquaient de maîtrise, mais ils possédaient souvent ces moments fougueux, ces plans étirés un quart de seconde de plus, cette musique ajoutée soulignant un tantinet trop la brillance esthétique : en soi, tout ce à quoi un jeune prodige du cinéma emporté par son élan créateur, n’aurait pu résister. Or, ici, une forme de sobriété domine au cœur de cette tension familiale. Quelqu’un m’avait dit : « je n’ai pas aimé. Ca ne fait que crier de façon hystérique pendant deux heures ». Je m’attendais donc à du survolté, du surjoué, du Dolan sous acide. Mais en réalité, il me semble que ce film est certainement l’un des plus contenus de son œuvre, plus proche de Tom à La Ferme, qui est souvent considéré comme son film le plus « technique », et tout aussi violent psychologiquement. (Et bien d’autres éléments rapprochent les deux œuvres, mais ce n’est pas le propos ici !)

Finalement, Juste la fin du Monde peut se lire comme le film d’une nouvelle ère, celle d’une nouvelle maturité (je dis « nouvelle » car il me semble quand même qu’il faut déjà une sacrée maturité pour créer un film comme J’ai tué ma mère à 19 ans !).

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Dolan utilise ses forces : la même équipe que sur Tom à La Ferme ( le compositeur Daniel Yared qui nous éblouit à nouveau par sa musique et l’excellent André Turpin offre une photographie encore une fois impeccable, toute en miroitements…ah ! Ces jeux de lumière avec les fenêtres et les portes !), une intrigue « littéraire » qui offre au réalisateur un canevas de mots purs, des traits qui mêlent extrême violence et désespoir profond, des tirades folles mais aussi tellement maîtrisées…Mais c’est aussi un film qui explore plus finement qu’auparavant les non-dits et les traumatismes infimes et nombreux qu’une famille peut abriter en son foyer, et dans lequel les cadrages « dolaniens » déstabilisent moins et appuient plus le propos. Un film qui peut-être annonce que Xavier Dolan est prêt à dépasser les frontières de ces huis-clos affectionnés, à embarquer vers un nouveau virage de sa carrière. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on considère les caractéristiques de son prochain projet. Un tryptique. Tourné à Hollywood. Avec des acteurs américains. Embrassant une période considérable de la vie d’un personnage: l’ambition de Laurence Anyways, les moyens de Juste la fin du Monde, la maturité de tous ses films additionnés.

Nous vivons donc bien avec ce film, selon mon humble opinion, juste la fin d’un monde, et il va sans dire que j’ai hâte de découvrir le prochain que Dolan s’apprête à déployer sous nos yeux.

L.A

Election day

   Terribles sentiments de lassitude et d’appréhension. Donald Trump vient d’être élu président des Etats Unis d’Amérique et ce joli petit concept assez solide qu’était “le Monde”, “mon Monde”, s’effrite un peu plus. Au-delà même du choc et de toute dramatisation émotive, je prends conscience que nous avons tendance à vivre dans nos bulles, à contempler nos propres vérités, écrites par nous-mêmes pour nous-mêmes sans même vérifier si notre bulle n’est pas une minuscule poussière dans un étang profond, gorgé d’immondices et de relents putrides. L’image est peut être excessive, mais c’est véritablement le sentiment que j’ai aujourd’hui: comme si les franges éduquées, “bien pensantes”, tellement heureuses de se penser “intelligentes”, avaient oublié de regarder au-delà de leurs binocles. Depuis le début de cette campagne présidentielle, mon esprit refusait purement et simplement qu’un tel résultat soit possible. Pas en 2016. Pas alors que le premier président noir des Etats-Unis, homme politique qui a éprouvé ses limites et ses contradictions, mais homme politique avant tout mesuré et compétent, quitte la Maison Blanche. Et pourtant.

   Et pourtant, ce que mon esprit a négligé de considérer, c’est cette réalité. Cette réalité qui concerne des milliers de votants entretenus dans la peur de l’autre par les médias, engoncés dans leurs certitudes primaires et poussés au repli sur soi par des épouvantails aussi vieux que notre civilisation mais toujours aussi efficaces malheureusement: “Attention, votre malheur, votre pauvreté, votre misère, tout cela est causé par l’Autre. Celui qui vous envahit, qui vous vole votre job, qui viole votre femme.” Les faits, les chiffres, la réalité démentent tous ces énormes raccourcis sensationnalistes mais cela n’importe pas à l’américain moyen, cet homme ou cette femme qui ne désire pas faire face aux complexes ramifications des phénomènes sociaux et politiques. Attention, je parle de “l’américain moyen”, mais loin de moi l’idée de stigmatiser une seule population. Nous pouvons tous être dans cette situation! Et S’obstiner à croire que cela est faux  en se réfugiant derrière notre réflexe de survie bien pensant serait encore l’attitude la plus dangereuse aujourd’hui: peut-on encore dire désormais “on ne ferait jamais cela”, “cela ne se verra jamais dans notre pays”, “Notre histoire nous a fait revenir de trop loin pour que l’on sombre à nouveau”?

   Il me semble que cette élection nous ramène à une réalité triste mais ô combien pesante aujourd’hui: le combat pour un monde juste, éthique, pour une gouvernance éclairée et expérimentée n’est jamais acquis. Notre histoire commune, notre organisation mondiale, notre  paysage géopolitique, bref, cet étrange labyrinthe kafkaïen que les Hommes ont construit pour eux-mêmes, nous imposent d’être constamment vigilants, de constamment poser la question de la légitimité de nos actes, de constamment dépasser les premiers sentiments de lassitude et d’incompréhension face à un Monde qui perd de son sens dans le tumulte des voix, aujourd’hui amplifié par les médias et les réseaux sociaux.

   Aujourd’hui, la lassitude l’a emporté chez beaucoup trop de gens, ils ont abandonné leur premier privilège, celui de réfléchir, de confronter, de peser les enjeux et de choisir la pertinence et non la facilité. Au lieu de continuer de chercher laborieusement, sans espoir de succès assuré certes, mais de chercher toujours une réponse à une situation complexe, ils ont baissé les bras et ont donné les armes à un chien de garde en lui disant: “vas-y, grogne, montre des dents, mord, détruit, j’en ai assez de réfléchir à mieux, je choisis le Carnage.”

   Lassitude en effet devant un tel choix mais aussi douloureux sentiment d’urgence: contre le carnage, seule la lucidité peut vaincre, seul un regard éclairé, informé, débarrassé des scories médiatiques peut espérer construire du sens à nouveau. Lire, confronter, comprendre, discuter, défendre, enseigner, démêler l’inextricable, confondre l’inacceptable …Des mots, des actes qui me semblaient si évidents, si acquis et qui pourtant sont dangereusement mis en péril par cet évènement aujourd’hui. Donald Trump vient d’être élu président des Etats Unis d’Amérique et ce joli petit concept assez solide qu’était “le Monde”, “mon Monde”, s’effrite mais ne s’effondrera pas.

Les mille merveilles du Chapelier Fou

Le Chapelier Fou est arrivé à La Réunion pour réaliser deux concerts, dont un dans le Nord ce samedi 1er Octobre. J’ai eu la chance de le rencontrer un peu plus tôt et de découvrir son univers qui résonne comme un huis-clos mélancolique où les beat electro se répercutent et électrisent des mélodies légères.

Il se dit lui-même assez solitaire, et ce n’est pas étonnant de voir qu’il a choisi la musique électronique pour créer ses compositions, puisque c’est dans un monde bien à lui qu’il crée à l’aide de son ordinateur et de ses machines sophistiquées. Telle Alice qui explore l’absurde beauté d’hasardeux jeux de mots et de raisonnements fallacieux, l’artiste, lui, se plaît à “looper” des rythmes étranges, à  les faire vibrer avec des notes de violon jouées en live et à réinventer devant nous des mélodies hypnotisantes.

Les créations de cet autodidacte sont presque toujours purement instrumentales, un choix qu’il revendique car il s’agit pour lui de créer un média qui dépasse les barrières des mots, et des langues pour pouvoir être interprété différemment par chacun. D’ailleurs, ces oeuvres encouragent à la rêverie et semblent faites pour accompagner des images, des univers, des films. S’il a filé la métaphore d’Alice au Pays des Merveilles dans son clip “Tea Tea Tea” avec un visuel affuté, il a aussi prêté sa musique à des projets multimédia ambitieux tels que le projet d’installation d’art numérique “Les métamorphoses de Kalia”. La particularité du projet? Tout le graphisme est généré par du code (dit comme cela, ça n’a pas l’air de grand chose mais le projet a de la gueule et a même été retenu par Google pour faire partie d’une exposition “Digital Revolution”. )

Une bien belle découverte donc que celle de l’univers de cet artiste. Moi qui ai toujours apprécié l’électro, je commençais à ressentir une lassitude à toujours entendre des produits assez “similaires” les uns aux autres. Les morceaux du Chapelier Fou me réconcilient un peu avec cette musique sans parole, faites de loops et de cuts, mais toujours pleine d’âme et de légèreté mélancolique.

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En concert à La Cité des Arts ce samedi dans le cadre de la “Cité by night”: http://www.citedesarts.re/Cite-by-Night