Parlons éducation

Après une scolarité tout à fait banale, quatre années d’études supérieures en Lettres et cinq années en tant que professeur du second degré, je suis en manque. En manque de sens, pour être tout à fait précise.

L’éducation, j’y baigne depuis toute petite : mon père est devenu professeur d’université après avoir passé de nombreuses années en collège et avoir joué le
« touche-à-tout » dans le grand monde de la Fonction Publique ; ma mère a le diplôme de professeur des écoles et a suivi une carrière dans l’enseignement spécialisé. Que je me sois moi-même retrouvée sur les bancs de l’école comme un poisson dans l’eau n’est donc pas une surprise. La flaque est devenue bassin, le bassin océan et aujourd’hui, il me semble naviguer plutôt dans un marécage dont je ne vois ni le fond ni la surface.

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Oui, les images dramatiques sont faciles mais elles ont le mérite d’être parlantes. Lorsqu’on commence son « premier boulot », les premières années se déroulent souvent avec pour adage en arrière-plan : « ne te plains pas, apprend déjà ton métier, tu pourras critiquer après». D’accord. Première année de stage luxueuse, suivie de quatre années en lycée finalement tout aussi luxueuses (je ne parle pas de bureau en marbre ni de stylo en or, mais du confort extraordinaire de pouvoir réellement enseigner ma matière à des élèves, ni plus, ni moins.).

 

Arrive alors l’autre adage qui s’immisce : « C’est fort de café que tu critiques vu ta situation : tu as trouvé la niche parfaite. C’est bon, pas la peine de noircir le tableau ». Bref. Difficile de critiquer ou de se plaindre lorsqu’on a en effet réussi à “chopper” le super ourson à la machine à grappin qui arnaque tout le monde.
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Ce super ourson est aujourd’hui placé sur mon étagère, fier symbole d’une période, ma foi, assez géniale de ma toute petite carrière de prof : supers élèves, opportunités d’organiser des voyages, de participer à des concours sans craindre ni pour ma santé mentale ni pour ma santé physique. Le grand luxe, je vous dis.
Mais dans une course, les premiers mètres, voire kilomètres, se parcourent sous le coup de l’adrénaline, sans vraiment regarder ailleurs que ses pieds. Une fois les premiers signes de lassitude apparus, on commence à ralentir, à se demander: “arriverai-je au bout de la course à ce rythme?”, “Devrai-je ralentir? Ou plutôt accélérer?”, “Ai-je choisi la bonne tactique pour réaliser la course la plus épanouissante?”. Dans le grand bazar à métaphores qu’est mon cerveau, ce sont à peu près ces questions que je me suis posée au bout de ma quatrième année: Allais-je rester 30 ans dans mon poste si parfait? Que pouvais-je faire pour changer la monotonie de mon rythme de course? Etais-je vraiment satisfaite des règles selon lesquelles je l’avais commencée, cette course?

 

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Si j’écris ce si long article aujourd’hui, c’est bien sûr que la réponse à cette dernière question est “non”. Je ne choquerai personne puisque je ne suis pas la première à déplorer “le système” (grand mot mystérieux qui semble le parfait “villain” d’une série américaine), les classes surchargées, les professeurs lâchés dans un réseau national à plusieurs vitesses, bla bla bla.

Ce que je voudrais faire aujourd’hui, et par le biais de ce blog, ce n’est pas rajouter des griefs à la longue liste déjà dressée par des professeurs désabusés, mais plutôt essayer de réfléchir à “ce qu’est l’éducation”. Vaste programme. Plus précisément, j’ai envie de retrouver les origines de mon métier, comprendre ses mutations et surtout tenter de voir sous quelle forme il pourrait se révéler le plus efficace, le plus épanouissant. Je ne prétends pas inventer un nouveau système, ou faire une révolution, mais j’aimerais déjà rassembler des informations, construire un portrait de l’enseignement tels que beaucoup ont déjà tenté de le rêver, de le reconstruire. Bref, que ce soit par le biais de l’analyse de conférences filmées, d’articles, d’ initiatives déjà prises et développées, ou d’idées personnelles, je voudrais juste que nous parlions d’éducation.

L.A

 

 

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